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Une loco 020 T-Boiler d'inspiration libre
 
Encore une fois, c'est le matériel roulant US en exploitation forestière qui m'a inspiré. A vrai dire, il s'agit là d'une source inépuisable d'inspiration. Dans le cas présent, le défi consistait à construire une chaudière en T chauffée à l'alcool.

 
 
La découpe des tubes de cuivre requiert la plus grande attention. L'ajustage doit être parfait. J'ai placé trois tubes à fumée: ici aussi la difficulté consistait à les engager et à les maintenir en place durant toute la phase de soudure. L'ensemble est brasé à l'argent. Sur la photo, la partie horizontale de la chaudière a déjà reçu son isolant (j'utilise fréquemment du balsa de 2mm depuis des années, sans aucun problème). La cheminée sera remplacée plus tard par un autre modèle plus haut, en raison du manque de tirage de cette chaudière.

Comme à mon habitude, le châssis est réalisé en méranti. Les essieux à roues en métal, isolées, sont d'origine Aristocraft (je les reçois gracieusement d'un ami, alors pourquoi s'en privé!). Le moteur est un monocylindre oscillant à double effet et la première transmission fut réalisée via un train d'engrenages. Ce dernier m'a occasionné à plusieurs reprises des soucis: comme nous circulons presque exclusivement à l'extérieur et par tout les temps, les engrenages s'encrassaient fréquemment occasionnant de nombreux bloquages. D'autre part, le volant moteur s'est avéré trop petit pour une marche douce et régulière. En monter un plus grand était impossible avec cette transmission-là.

A l'avant de la loco, sous la boîte à fumée, se trouve le réservoir de méthanol qui alimente un brûleur à mèches.
Le manteau isolant de la chaudière est en place. Il est réalisé en fine tôle d'aluminium (tôle Offset) et collé en place. l'ensemble sera peint en couleur anthracite haute température

Les premiers essais et déboires...
Dès la première chauffe, il est apparu que le tirage était insuffisant. Les flammes sortaient sur les côtés de la chaudière et il était très difficile de maintenir un semblant de pression. En utilisant un aspirateur de fumée électrique, l'amélioration était immédiate. La première modification a donc consisté à augmenter le tirage en remplaçant la cheminée par un modèle plus haut et à soigner l'étanchéité de la boîte à fumée, mais le résultat ne fut pas à la hauteur, ce n'était toujours pas suffisant. La locomotive démarrait pour quelques mètres et s'arrêtait à court de vapeur malgré l'échappement bien aligné à la base de la cheminée...
J'ai ensuite monté un brûleur à quatre mèches et surtout un souffleur. La loco en fut métamorphosée. Les deux premières minutes de chauffe avec l'aspirateur électrique, ensuite uniquement avec le souffleur. En l'espace de trois minutes, la soupape déclenchait et la loco s'élançait sans ménagement, le petit volant d'inertie montrant ici ses limites. Même avec le régulateur ouvert en grand, la soupape continuait à chanter. Je pouvais diminuer le souffleur, mais pas le couper complètement. Je m'aperçu rapidement que les quatre mèches plus le souffleur en action vidaient mon réservoir de méthanol en très peu de temps, à peine un tour de réseau (+/- 60 mètres). De plus, un souffleur en action réduit considérablement l'autonomie en eau de la chaudière. Le "pousse-pousse" était devenu un "TGV" mais au prix d'une consommation délirante d'eau et de carburant !
Retour à l'atelier pour quelques grosses modifications...

Le pointeau de réglage du souffleur.
Côté boîte à fumée, l'échappement et le souffleur.
Remarquez le ressort de fermeture de la porte.
Le nouveau volant d'inertie et
la transmission directe par chaîne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour palier à l'autonomie très limitée, j'ai réalisé un tender équipé d'un réservoir d'eau avec pompe manuelle et d'un réservoir de méthanol à débit constant. Côté locomotive, j'ai ajouté un tube d'alimentation en eau équipée d'une valve anti-retour et j'ai supprimé le réservoir d'alcool embarqué. Le tube d'alimentation du brûleur est repositionné à l'arrière de la loco. Les liaisons eau-méthanol entre le tender et le loco sont assurées par des durites en silicone.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le prototype du tender
 
 
A gauche, le système "bec d'oiseau" pour maintenir le niveau de méthanol constant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, après de nombreuses modifications, la loco s'élance en toute quiétude. Elle roule tout en douceur. En jouant sur le débit de méthanol ainsi que sur l'action du souffleur, l'autonomie dépasse maintenant largement la demi heure. Pour les prochains jours, il me reste à l'habiller et à "camoufler" le tender.

 

Loco T Boiler
© 2010